Entre 18 % et 20 % des déchets générés par les compagnies aériennes sont constitués d’aliments et de boissons non consommés. Encadrée par une réglementation stricte, la restauration aérienne impose souvent l’enfouissement ou l’incinération des denrées, entraînant pollution, surcoûts et inégalités d’accès à la nourriture.
Face à cette réalité, Airbus a dévoilé une technologie qui pourrait transformer la gestion des repas en cabine. Baptisé « smart catering », ce système repose sur l’intelligence artificielle pour enregistrer en temps réel la quantité de nourriture servie, consommée ou retournée. L’outil fournit ainsi une vision claire du stock restant et simplifie le suivi de la consommation sans intervention supplémentaire de l’équipage.
Testé sur des vols long-courriers de Virgin Atlantic, le dispositif a convaincu les responsables de la compagnie. « Répondre aux préférences de nos clients, minimiser le gaspillage et optimiser nos opérations », résume Darryl Bailey, responsable à bord, qui voit dans cette innovation une avancée majeure sans compromis sur la qualité de service.
Airbus affiche un objectif ambitieux : réduire de plus de 10 % les déchets évitables liés au transport de nourriture et de boissons. Mais l’impact pourrait aller bien au-delà. L’analyse des données permettra d’adapter les menus selon les itinéraires et les habitudes des passagers : un Londres-New York ne nécessitant pas la même offre qu’un Londres-Hong Kong.
Elise Weber, responsable de l’écosystème de services pour avions connectés chez Airbus, souligne les bénéfices concrets observés lors des essais : inventaire en temps réel, informations diététiques intuitives et libération de l’équipage des tâches administratives. Autant de fonctionnalités qui permettent de replacer le passager au centre de l’expérience.
Avec « smart catering », Airbus espère non seulement réduire le gaspillage alimentaire, mais aussi ouvrir la voie à une aviation plus durable et plus attentive aux besoins des voyageurs.


