Le Maroc mise sur de nouveaux usages de son cannabis légal, dit « l’or vert », en l’orientant vers des applications innovantes dans le secteur agricole. Une convention a été signée entre l’ANRAC et l’IAV Hassan II de Rabat, visant à développer des formulations alimentaires pour volailles intégrant des molécules extraites de la plante. L’objectif est clair : réduire, voire remplacer, l’usage d’antibiotiques chimiques promoteurs de croissance, dont la limitation est devenue une priorité sanitaire mondiale.
Le projet, prévu pour une durée de dix mois, sera mené par le département vétérinaire de l’IAV. Les chercheurs travailleront sur l’élaboration d’un aliment enrichi en extraits de cannabis, capable d’être produit à grande échelle, tout en respectant les normes sanitaires et les standards internationaux. L’étude évaluera également les effets biologiques de cette molécule sur les volailles, notamment en matière de santé digestive, renforcement du système immunitaire et amélioration de la productivité.
Si les résultats se révèlent positifs, le projet pourrait révolutionner le secteur avicole marocain, en offrant une solution à la fois rentable, naturelle et conforme aux exigences sanitaires internationales. Ce programme s’inscrit par ailleurs dans la stratégie nationale d’exploitation industrielle du cannabis légal, lancée en 2022, qui vise à diversifier les usages de cette ressource et à stimuler l’innovation économique dans le Royaume.
Au-delà de l’élevage, cette initiative illustre le potentiel du cannabis légal comme matière première polyvalente, susceptible de trouver des débouchés dans l’agroalimentaire, la pharmacie ou même la cosmétique. Pour le Maroc, il s’agit non seulement de valoriser une filière légale mais aussi de positionner le pays comme un acteur innovant à l’échelle internationale dans l’exploitation responsable de cette plante.


