Le Royaume amorce une étape majeure dans la régulation des jeux et paris sportifs. La MDJS (Marocaine des Jeux et Sports) a lancé une procédure judiciaire en référé pour obliger les opérateurs de télécommunications à bloquer l’accès aux plateformes illégales. Cette démarche vise notamment des sites comme 1xBet, dont les activités non autorisées entraînent des pertes financières significatives pour l’État.
La légitimité de la MDJS repose sur un cadre juridique solide et ancien. Son monopole, instauré en 1966 et confirmé par la convention État-MDJS de 2016, s’étend aux paris en ligne jusqu’en 2036. Cette exclusivité permet à l’institution d’agir avec fermeté contre les opérateurs étrangers cherchant à pénétrer le marché marocain sans agrément officiel.
L’enjeu dépasse la simple régulation commerciale : il s’agit de protéger la souveraineté financière du pays. Selon Younes El Mechrafi, directeur général de la MDJS, le volume des mises illégales en 2024 aurait atteint 3,5 milliards de dirhams, privant le Fonds national de développement du sport d’environ 500 millions de dirhams et le Trésor public de près de 200 millions de dirhams.
Pour encadrer cette régulation, une coordination inter-institutionnelle a été mise en place. L’Office des Changes a identifié les jeux et paris électroniques comme secteur prioritaire pour 2025, mettant en lumière des infractions aux règles de change, notamment des paiements non conformes dépassant 7,2 millions de dirhams à des opérateurs illégaux.
Le sujet a également été porté devant le Parlement, soulignant la nécessité de protéger le monopole de la MDJS et de nettoyer le marché par tous les moyens légaux. L’action combinée de la MDJS, de l’Office des Changes et du soutien politique témoigne d’une volonté claire : préserver les recettes publiques, sécuriser le marché et garantir l’intégrité financière de l’écosystème ludique et sportif national.


