L’audience a été marquée par une confrontation directe entre le parquet et les avocats des accusés. Au centre des échanges : la validité des actes de police judiciaire ayant conduit aux poursuites dans cette affaire sensible.
Le procureur général a rejeté les arguments soulevés par la défense, estimant que les procédures engagées respectaient le cadre légal. Il a notamment défendu la qualification de flagrant délit, en expliquant que des substances illicites et de faux documents avaient été retrouvés dans le véhicule de l’un des mis en cause.
Le ministère public a également répondu aux critiques concernant l’exploitation du téléphone portable d’un accusé. Selon le parquet, la fouille de l’appareil aurait été effectuée avec le consentement explicite de son propriétaire.
Autre point soulevé pendant l’audience : l’absence d’interprète lors des auditions de Reda Abakrim, surnommé « Turbo ». Le procureur a soutenu que ce dernier comprenait l’arabe à l’oral, écartant ainsi toute irrégularité dans la procédure.
Les avocats des accusés ont rapidement contre-attaqué. Ils reprochent au parquet de s’appuyer sur des textes juridiques adoptés après les faits, plutôt que sur les dispositions applicables au moment de l’enquête.
La défense affirme également que plusieurs garanties procédurales n’ont pas été respectées. Elle pointe notamment l’absence de clarification sur l’identité exacte de la personne convoquée par la police judiciaire, évoquant une violation de l’article 66 du Code de procédure pénale.
Les critiques se sont ensuite concentrées sur la perquisition effectuée au domicile de l’un des accusés. Les avocats contestent la légalité de cette opération, menée selon eux sans la présence du propriétaire ou d’un représentant légal.
Pour la défense, l’absence d’autorisation judiciaire fragilise l’ensemble de la procédure. Elle estime que la notion de flagrant délit invoquée pour justifier cette intervention policière ne repose sur aucun fondement solide.


