Les ventes marocaines de vêtements à destination de l’Union européenne ont marqué le pas au premier semestre 2026. Entre janvier et juin, elles ont généré 1,3 milliard d’euros, contre près de 1,4 milliard sur la même période un an plus tôt, selon les données d’Eurostat. Le recul atteint 6,6%, soit quelque 90,8 millions d’euros de recettes en moins.
Cette baisse intervient toutefois dans un marché européen en net repli. Les importations de vêtements en provenance de pays hors UE ont chuté de 9,7% sur un an, passant de 45,5 à 41,1 milliards d’euros. Le Maroc fait donc mieux que la tendance générale et voit sa part de marché progresser légèrement, de 3% à 3,1%.
Le Royaume conserve ainsi son rang de huitième fournisseur de vêtements de l’Union européenne. Il reste derrière le Pakistan, qui totalise 1,6 milliard d’euros d’exportations, mais devance largement le Sri Lanka, à 607,8 millions.
Les grands fournisseurs européens à la peine
Le ralentissement touche la plupart des poids lourds du secteur. La Chine, premier fournisseur du marché européen, a vu ses ventes reculer de 8,9%, à 11,8 milliards d’euros. Le Bangladesh accuse une chute de 16,4%, à 8,6 milliards, tandis que la Turquie enregistre une baisse de 14,6%, à 3,6 milliards.
Parmi les dix principaux fournisseurs, le Vietnam fait figure d’exception. Ses exportations ont progressé de 0,4% pour atteindre 2,1 milliards d’euros.
Dans ce contexte, la baisse marocaine apparaît plus contenue. Une résistance qui permet au Royaume de préserver ses positions malgré le ralentissement de la demande européenne.
Moins de volumes, mais une valeur unitaire qui tient
La contraction est légèrement plus forte en volume qu’en valeur. Les exportations marocaines sont passées de 42,7 à 39,7 millions de kilogrammes, soit une baisse de 7,1%. Dans le même temps, la valeur moyenne des produits expédiés a progressé de 32 à 32,2 euros le kilogramme.
Les articles hors bonneterie restent le moteur des exportations marocaines. Ils ont rapporté 931,1 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit près de 73% des recettes du secteur sur le marché européen. Leur valeur recule néanmoins de 5,9%.
La bonneterie affiche une baisse plus marquée, de 8,6%, à 344,7 millions d’euros. Les volumes concernés sont passés de 15,5 à 14,7 millions de kilogrammes.
Dans le détail, les tailleurs, robes, jupes et pantalons féminins hors bonneterie restent la première famille exportée, avec 447,8 millions d’euros de recettes, malgré un recul de 6%. Les chemisiers féminins perdent 11,3%, à 132,3 millions, tandis que les costumes, vestes et pantalons masculins limitent leur baisse à 1,6%, pour atteindre 129,7 millions.
Les tee-shirts en bonneterie reculent également de 2,9%, à 113,7 millions d’euros. À contre-courant, les chandails, pulls et gilets progressent de 4,7%, à 70,5 millions.
L’Espagne reste de loin le premier client
Le textile marocain demeure très dépendant de quelques marchés européens. L’Espagne concentre à elle seule 802,5 millions d’euros d’exportations, soit 62,9% des ventes du Royaume dans l’UE. Les commandes espagnoles ont toutefois diminué de 3,6% sur un an.
La baisse est nettement plus prononcée en France. Deuxième débouché du Maroc, le marché français a réduit ses achats de 17,8%, à 213,1 millions d’euros. À eux deux, l’Espagne et la France absorbent ainsi plus d’un milliard d’euros de vêtements marocains.
L’Allemagne occupe la troisième place avec 86 millions d’euros, en baisse de 5,6%, devant l’Italie, dont les importations reculent de 6,3%, à 55,9 millions. Ces quatre pays concentrent 90,7% des exportations marocaines de vêtements vers l’Union européenne.
Certains marchés plus modestes progressent néanmoins rapidement. Les ventes vers l’Autriche bondissent de 17,6%, à 32 millions d’euros, tandis que celles destinées à la Pologne grimpent de 33,1%, à 17,7 millions.
À l’inverse, les Pays-Bas réduisent leurs achats de 35,9%, à 24,8 millions d’euros, et la Belgique de 32,7%, à 8,6 millions.
Au terme du premier semestre, le textile marocain n’échappe donc pas au ralentissement européen. Mais avec une baisse moins prononcée que celle de ses principaux concurrents et une part de marché en légère progression, le Royaume parvient, pour l'heure, à contenir le recul.


