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Étudiants marocains : étudier en France va vous coûter plus cher

Par Lesinfos -le

Étudiants marocains : étudier en France va vous coûter plus cher
Depuis le 1er août, les étudiants étrangers doivent justifier de ressources mensuelles plus élevées pour étudier en France. Pour les candidats marocains, premiers parmi les étudiants internationaux dans l’Hexagone, la nouvelle règle alourdit sensiblement le budget à prévoir.

À quelques semaines de la rentrée universitaire, les candidats marocains aux études en France doivent composer avec une nouvelle donne financière. Depuis le 1er août 2026, le niveau minimal de ressources exigé pour un visa étudiant est passé de 615 à 877,50 euros par mois.

 

La hausse atteint 42,7%. Sur une année, le montant à justifier passe ainsi de 7.380 à 10.530 euros. Une différence de 3.150 euros, soit près de 34.000 dirhams, qui pourrait peser sur les dossiers préparés par de nombreuses familles marocaines.

 

Cette évolution découle du décret n°2026-526 du 22 juin, publié deux jours plus tard au Journal officiel français. Le texte abandonne un seuil resté inchangé depuis 2002 et introduit un mécanisme directement indexé sur le salaire minimum français.

 

Un seuil désormais lié au SMIC

 

La réforme modifie en profondeur le mode de calcul. Les ressources exigées correspondent désormais à 47% du montant brut mensuel du SMIC applicable au moment du dépôt de la demande. Avec le niveau en vigueur au 1er août, le minimum ressort à 877,50 euros par mois.

 

Le changement ne porte donc pas uniquement sur le montant. Contrairement à l'ancien seuil de 615 euros, la nouvelle référence est appelée à évoluer avec le SMIC. Toute revalorisation de celui-ci pourra mécaniquement modifier la somme que les étudiants étrangers devront justifier.

 

Le gouvernement français rapproche également ce niveau de ressources de la possibilité offerte aux étudiants étrangers d'exercer une activité salariée à titre accessoire, dans la limite de 60% de la durée annuelle du travail.

 

La réforme répond notamment aux critiques formulées sur l'ancien montant, jugé insuffisant au regard du coût de la vie. La Cour des comptes française avait elle-même relevé, dans un rapport publié en 2025, le décalage entre le seuil appliqué et les moyens réellement nécessaires à un étudiant.

 

Plus de 10.500 euros à justifier pour une année

 

Pour les familles marocaines, la traduction est immédiate. Un étudiant partant pour une année universitaire doit désormais démontrer qu'il dispose de ressources suffisantes pour couvrir 877,50 euros par mois, soit 10.530 euros sur douze mois.

 

Plusieurs moyens peuvent entrer dans la constitution du dossier : ressources personnelles, prise en charge par un garant, bourse ou autres justificatifs financiers admis par l'administration française.

Une bourse inférieure au nouveau minimum peut ainsi nécessiter un complément. Avec une allocation mensuelle de 700 euros, par exemple, l'étudiant devra pouvoir justifier les 177,50 euros restants par une autre source de financement.

 

La réforme renforce ainsi l'enjeu de la solidité financière du dossier. La disponibilité réelle des ressources et leur régularité deviennent centrales dans l'examen de la demande. Une somme déposée ponctuellement sur un compte ne constitue pas, à elle seule, la garantie d'une capacité à financer l'ensemble du séjour.

 

Le garant pourrait prendre davantage de poids

 

Pour certains étudiants marocains, le recours à un garant disposant de revenus réguliers pourrait devenir une solution privilégiée. Celui-ci devra toutefois fournir les justificatifs permettant d'établir sa capacité à assurer effectivement la prise en charge annoncée.

 

Autre possibilité : immobiliser à l'avance la somme nécessaire au séjour sur un compte permettant des versements réguliers. Pour douze mois, l'enveloppe correspondant au nouveau minimum atteint 10.530 euros.

 

La hausse du seuil pourrait en revanche compliquer les démarches des ménages qui avaient bâti leur budget sur l'ancienne référence de 615 euros. Les familles ayant préparé leur financement plusieurs mois avant l'entrée en vigueur du nouveau dispositif doivent désormais revoir leurs calculs.

 

Le Maroc particulièrement concerné

 

L'impact de cette réforme est particulièrement suivi au Maroc, qui demeure le premier pays d'origine des étudiants étrangers en France. Le changement intervient alors que les effectifs marocains avaient déjà enregistré un recul de 4% en 2023-2024, selon les données de Campus France citées dans le document.

 

La nouvelle exigence pourrait accentuer la pression sur les étudiants issus des classes moyennes, notamment ceux qui ne disposent ni d'une bourse couvrant la totalité du nouveau seuil ni d'un soutien financier familial suffisamment élevé.

 

La mesure dépasse d'ailleurs les seules premières demandes de visa. Le nouveau critère est également appelé à s'appliquer aux étudiants concernés par le renouvellement de leur titre de séjour. Pour ceux déjà installés en France avec un budget construit autour de l'ancien seuil, l'adaptation pourrait donc être rapide.

 

Une mobilité étudiante plus coûteuse

 

Le relèvement intervient dans un contexte où la France cherche parallèlement à renforcer son attractivité universitaire auprès des étudiants internationaux. Le pays vise 500.000 étudiants étrangers, tout en durcissant désormais le niveau de ressources financières exigé pour leur séjour.

 

Pour les candidats marocains, la France conserve son poids universitaire et la profondeur de ses liens académiques avec le Royaume. Mais l'équation financière se resserre. Bourses, épargne familiale, garanties et solutions de financement pèseront davantage dans la préparation des départs.

 

À partir de cette rentrée, décrocher une admission ne suffira donc plus. Pour de nombreux étudiants marocains, il faudra également franchir un seuil financier nettement plus élevé avant même de pouvoir prendre le chemin des universités françaises.


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