À 80 ans, Hasbiya vit seule dans une grotte abandonnée du douar Rkarka, relevant de la commune de Laghyat, dans la province de Safi. Sans logement adapté à son âge ni accompagnement social apparent, l’octogénaire fait face à des conditions de vie particulièrement précaires, loin des structures de soins et de prise en charge.
Sa situation a été révélée par le média Safi Goud, qui lui a consacré un reportage largement relayé sur les réseaux sociaux. Les images montrant cette femme âgée installée dans une cavité rocheuse ont rapidement suscité de nombreuses réactions et remis la question de sa prise en charge au premier plan.
Les autorités se rendent sur place
Face au retentissement de la vidéo, le dossier est parvenu jusqu’au gouverneur de la province de Safi. Une équipe a été dépêchée sur les lieux afin d’examiner la situation de Hasbiya et d’évaluer les solutions pouvant être mises en place.
Les modalités précises de cette intervention n’ont pas encore été communiquées. Une prise en charge durable devrait notamment passer par une évaluation de son état de santé, l’identification de ses besoins sociaux et la recherche d’une solution d’hébergement adaptée.
Au-delà de l’urgence immédiate, le cas de cette octogénaire met en lumière la situation de certaines personnes âgées vivant seules dans les zones rurales, parfois éloignées des services médicaux, sociaux et administratifs.
Une association réclame une enquête
La section provinciale de l’Association nationale pour la défense des droits de l’homme au Maroc a également réagi après la diffusion du reportage. Dans un communiqué, l’organisation qualifie les conditions de vie de Hasbiya de situation sociale et humaine préoccupante.
Elle demande aux autorités provinciales et locales de lui garantir rapidement un logement convenable ainsi qu’un accompagnement médical et social correspondant à son âge et à son état de vulnérabilité.
L’association réclame également l’ouverture d’une enquête administrative et sociale afin de déterminer les circonstances ayant conduit l’octogénaire à vivre seule dans une grotte. Elle souhaite notamment savoir si les services compétents avaient connaissance de sa situation et si une éventuelle défaillance dans son suivi peut être établie.
D’autres situations similaires à identifier
L’organisation appelle par ailleurs à recenser les cas comparables dans les zones rurales de la province de Safi. Elle estime que la situation de Hasbiya pourrait révéler une précarité plus large touchant d’autres personnes âgées isolées, sans logement décent ni accompagnement régulier.
Pour l’association, la protection des personnes vulnérables ne peut dépendre uniquement de la médiatisation d’un cas ou de la mobilisation provoquée par une vidéo virale. Elle appelle à une réponse institutionnelle capable d’assurer un suivi durable des personnes âgées confrontées à l’isolement et à la grande précarité.
Le cas de Hasbiya pose ainsi une question qui dépasse son seul parcours : celle de l’identification et de la prise en charge, en amont, des personnes âgées laissées seules face à des conditions de vie indignes.


