Beto O'Rourke, l'"Obama blanc" à l'assaut de la Maison Blanche

Beto O'Rourke, l'
Source : France24 International
15/03/2019 10:00

Il est jeune, charismatique et se verrait bien dans le fauteuil de Donald Trump. Le Texan Beto O'Rourke, révélé par une brillante campagne sénatoriale l'an passé, est candidat à la primaire démocrate pour la présidentielle 2020. Portrait.

"Étoile montante", "espoir des démocrates", "Obama blanc", "nouveau Kennedy" : Beto O’Rourke, inconnu il y a encore deux ans, est devenu jeudi 14 mars le centre de l’attention à Washington. Le Texan de 46 ans a en effet annoncé, après un long suspense et un roadtrip en solo dans l’Amérique rurale, sa candidature à la présidentielle 2020.

C’est sa campagne contre le sénateur Ted Cruz, au Texas, qui l’a propulsé sur la scène nationale lors des élections de mi-mandat. Une course que le démocrate a certes perdue, mais avec moins de trois points d’écart. Dans cet État conservateur, on n’avait pas observé une telle performance depuis des décennies. À cette période commence la comparaison avec l’ex-président Barack Obama. Sa jeunesse, sa fougue et sa modernité rappellent par certains aspects le sénateur de l’Illinois de 2008.

 

Sa spontanéité aussi. En mars 2017, alors qu’il représente El Paso à la Chambre des représentants, une tempête hivernale cloue les avions au sol et l’empêche de rejoindre Washington. Il ne renonce pas et entame un voyage en voiture de plus de 2 500 kilomètres du Texas jusqu’à la capitale américaine, accompagné par un de ses collègues républicains, le représentant Will Hurd. Ce "roadtrip bipartisan", suivi par des milliers d’internautes en direct sur Facebook, rappelle alors aux Américains des temps pas si lointains où les deux camps opposés pouvaient discuter. Comme un clin d’œil, Beto O’Rourke a choisi d’annoncer sa candidature deux ans, jour pour jour, après ce moment. "Je veux être président car je pense que je peux rassembler ce pays", a-t-il déclaré.

"Un rêveur pragmatique"

Jennifer Mercieca, spécialiste des discours politiques à la Texas A&M University, observe que le candidat "présente un message extrêmement positif mais aussi pragmatique". "On pourrait le décrire comme un rêveur pragmatique", estime-t-elle, interrogée par France 24. "Son credo lorsqu’il se présentait au Sénat, c’était que la bonne chose à faire était également la chose la plus pragmatique. Ainsi, cela coûte plus cher à long terme de ne pas investir dans l’éducation et de ne pas s’attaquer au problème du changement climatique, de la justice ou encore de l’immigration. J’imagine que son message sera similaire pour sa campagne présidentielle."

Côté démocrate, certains voient dans ce candidat l’espoir de rallier les centristes, alors que plusieurs de ses rivaux, comme Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, penchent très à gauche. Beto O’Rourke, lui, a réussi jusqu’ici à ne pas se voir coller d’étiquette idéologique. De quoi rassurer les électeurs du Midwest dont le vote a tant manqué à Hillary Clinton en 2016. Côté républicain, il est vu comme un choix possible pour les plus modérés, ceux qui sont gênés par la politique de l’administration Trump envers les réfugiés. Une image qui lui a bien servi au Texas.

Selon Shannon Bow O'Brien, politologue de l’université de Texas-Austin interrogée par France 24, Beto O’Rourke a ses chances de remporter la primaire démocrate. "Cependant, il devra prouver qu’il suscite de l’intérêt au-delà du Texas. De plus, le champ démocrate est déjà bien chargé. (Une douzaine de candidats se sont déclarés, NDLR.) Il devra se positionner comme un candidat national sérieux qui peut affronter Trump et l’emporter."

Apprécié pour son authenticité

L’universitaire Jennifer Mercieca note que comme Donald Trump, qui aime sortir du discours de son télé-prompteur, Beto O’Rourke est apprécié pour son authenticité. Mais les deux hommes ne se ressemblent pas pour autant : "L’authenticité de Beto est très différente de celle de Trump. Trump est ironique, grossier et belliqueux. Beto est sérieux, réfléchi et gentil." Jeudi 14 mars, interrogé sur la performance du démocrate dans sa vidéo de lancement, Donald Trump s’est moqué de sa gestuelle. "Il fait beaucoup de mouvements avec ses mains. Je n’en ai jamais vus autant. J’ai dit : ‘Il est fou ou bien il est juste comme ça ?’"

À l’état civil, "Beto", né en 1972, s’appelle Robert. Mais il préfère son diminutif hispanophone dont on l’a affublé depuis tout petit dans sa ville natale, El Paso, à la frontière avec le Mexique. Son père était un juge républicain, sa mère tenait un magasin de meubles. Dans sa jeunesse, il part en tournée avec son groupe de punk rock, "Foss", dont l’un des membres n’est autre que Cedric Bixler-Zavala, qui connaîtra plus tard le succès avec At-the-Drive-in et The Mars Volta. Puis il décroche un diplôme de littérature à l’université Columbia de New York...

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