Une semaine bien remplie!

Une semaine bien remplie!
Source : Lesinfos.ma
11/05/2019 17:15

Chers lecteurs,

J’espère que vous vous portez bien et que la faim et la soif n’ont pas eu raison de votre bonne humeur. Pour ma part, je vais bien. Bon, il est vrai que j’ai souvent mal à la tête, que je suis grandement déshydratée et que ma tension artérielle joue aux montagnes russes, mais il paraîtrait que c’est un état tout à fait normal que l’on se doit de ponctuer par un « Hamdoullah » religieusement correct. Alors, « Hamdoullah ». Merci.

Lundi, pendant que Recep Erdogan sautait au plafond après avoir obtenu l’annulation de l’élection municipale à Istanbul perdue par son parti, tout en saluant « la meilleure décision pour renforcer notre détermination à résoudre nos problèmes dans le cadre de la démocratie et du droit et laisser la volonté populaire arbitrer » (n’est-elle pas belle la démocratie ? Faire annuler les résultats d’une élection parce qu’ils n’arrangent pas trop les affaires des perdants !), et que le sultan du Brunei revoyait l’application de la sainte Charia à la baisse en déclarant qu’un moratoire sur la peine capitale s’appliquerait aussi finalement pour les condamnations à mort par lapidation en cas d’homosexualité et d’adultère (« What else ? »), du côté du plus beau pays du monde, nos illuminés tentaient à leur manière (bien particulière) de percer le grand mystère de l’athéisme. Ainsi, lors d’une conférence sous le thème « Les raisons scientifiques et psychologiques derrière le nouvel athéisme » organisée par une faculté casablancaise, un député PJDiste répondant au doux nom d’El Mokrie Abou Zayd El Idrissi a d’abord balayé d’un revers de la barbe tout le travail de Stephen Hawking en le traitant d’«ignare dont l’intelligence ne dépasse pas celle de l’âne» (non, pas d’arguments, juste qu’Hawking est un âne) avant d’inviter les étudiants à visionner les vidéos d’un certain Iyad Qanibi. Bon, pour être claire, Iyad Qanibi que ce monsieur semble prendre pour modèle est connu pour sa sympathie envers les groupes terroristes comme Daesh et a déjà été condamné pour avoir soutenu financièrement les Talibans (entre autres, je ne veux et ne peux décemment pas écrire la biographie de cet individu). En d’autres termes, ce député du PJD a fait la promotion d’un individu dangereux et un terroriste tout ce qu’il y a de plus vrai, dans l’une de nos facultés. Il a même été acclamé par les étudiants ! Maintenant j’aimerais qu’on m’explique ce que font les autorités de ce pays et pourquoi un détraqué mental a le droit à tant d’honneurs ? Oui, c’est un détraqué. Quand tu fais l’apologie d’un terroriste, tu es déséquilibré, dangereux et logiquement, tu dois être banni de tout événement public t’offrant la possibilité de faire la promotion de ta folie. Point.

Mardi, alors que plus de 500 procureurs déclaraient dans une missive adressée au ministre de la Justice américain que si Donald Trump n’était pas président il serait sans doute derrière les barreaux (avec des « si » on mettrait Paris en bouteille … et Trump en prison) et que les Marocains s’indignaient à raison de la flambée du prix de l’oignon (selon le ministère de l’Agriculture, on bouffe tellement d’oignons pendant le mois sacré que cela a fini par provoquer – dès le premier jour, entendons-nous bien - un déséquilibre entre l’offre et la demande, lah yester), le Maroc se crêpait le chignon avec les Espagnols au sujet d’une interview exclusive d’un prétendu Pablo Escobar marocain. Le trafiquant en question, qui se vantait sur la chaîne Cuatro d’inonder le pays de karkoubi, ne serait en réalité selon la DGSN qu’un gardien de voitures qui a produit un faux témoignage contre 2.000 dirhams. « Faux », se sont alors indignés les journalistes espagnols qui jurent avoir vu les drogues en question et que nos fins limiers n’ont pas trop supporté leurs révélations « inconfortables » et leurs « vérités incommodantes ». Pchakh ! Bon, disons que les Espagnols ont rencontré un Pablitto Escobar, mais faut pas pousser non plus hein ! Notre pays a peut-être tous les défauts du monde, mais notre police fait généralement du très bon travail. Voilà. Monsieur Hammouchi si vous passez par là, je vous salue.

Mercredi, pendant que le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la réforme de l’administration anéantissait tout espoir de retour à l’horaire GMT en expliquant que l’horaire d’été sera certainement définitivement adopté (ma boule de cristal me dit que cet horaire d’été ne sera pas définitif, qu’il y aura des polémiques, d’interminables débats, des clans, une migraine générale et encore des changements d’heures, vous verrez, c’est comme ça qu’ils fonctionnent) et que le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, menaçait les députés, par le biais d’un communiqué, de prélèvement sur leur indemnité mensuelle à chacune de leur absence (oui, ils fonctionnent au chantage aussi) ; l’Association nationale des cliniques privées (ANCP) portait plainte contre Zouhair Chorfi, secrétaire général de l’Economie et des Finances. L’objet de cette colère remonte à samedi dernier quand Zouhair Chorfi, lors d’un échange pour le moins tendu aux Assises de la fiscalité avec le vice-président de l’ANCP qui demandait une réforme fiscale, s’est soudainement emporté : « Le plus important ce n’est pas de demander de réforme fiscale mais de changer de posture et de comportement (…). Quand je vais dans une clinique, et qu’on me dit qu’on n’accepte pas le chèque, qu’est-ce que cela veut dire ? Blad ssiba ? La corruption, ça suffit ! Le noir, ça suffit ! On veut construire un autre pays ! Baraka ! ». Pas la peine de vous dire que le SG de l’Economie et des Finances a été vivement applaudi et que les médecins du privé n’ont pas trop apprécié. Bon, je sais bien que tous les médecins du pays ne sont pas aussi vénaux et qu’il ne faut pas généraliser, mais ils sont beaucoup trop nombreux pour ne pas se réjouir du coup de gueule de Chorfi qui a eu le mérite de dire ce que les Marocains pensent tout bas depuis bien des années. Alors, merci à ce Monsieur et je lui souhaite bon courage, parce que les médecins vont lui faire payer sa franchise coûte que coûte. Lah yehfed.

Jeudi, alors que Mohammed VI procédait au lancement de la distribution de paniers alimentaires de Ramadan aux plus démunis (une initiative louable que je ne commenterai pas compte tenu de la sacralité du monarque) et que des médias internationaux révélaient que plusieurs mosquées ont été détruites en Chine au cours des deux dernières années (en même temps, venant d’un pays qui a envoyé 1,5 million de musulmans dans des camps de « rééducation idéologique », rien n’est surprenant), une circulaire censée avoir été diffusée par le ministère de l’Intérieur saoudien faisait le buzz dans les médias et les réseaux sociaux. Dans ce document, les Saoudiens appellent au respect des personnes qui rompent le jeûne en secret ou sur la voie publique tout en précisant que cette décision entre dans le cadre du respect des droits de l'homme. Une révolution pour les uns, un « fake » pour les autres. J’opterai pour ma part pour la seconde option. Pour un pays qui vient de décapiter 37 personnes en public dont un jeune de 17 ans, qui dépèce un journaliste dont le seul tort est d’avoir été critique envers le régime, qui emprisonne et torture des défenseurs des libertés individuelles et j’en passe, prendre une décision aussi saine que soudaine est tout simplement impossible. Les autorités saoudiennes ne sont ni ouvertes, ni sincères pour accepter des non-jeûneurs avec autant de philosophie … et puis passer de « fouetter les non-jeûneurs » à « respecter les droits de l’Homme », il faut arrêter la fumette un certain moment. N’est-ce pas ?

Et Vendredi, pendant que le Qatar sommait l’Arabie Saoudite de lever ses restrictions tout en dénonçant les mesures discriminatoires des Al Saoud qui empêchent les Qatariotes d’effectuer leur pèlerinage en toute quiétude (depuis la crise diplomatique entre les deux pays, le royaume wahhabite a fermé les frontières aériennes et terrestres avec l’émirat et exige que les Qatariotes effectuent un enregistrement électronique avant d’arriver sur leur terriroire), le pont à haubans de Sidi Maarouf était enfin opérationnel. En effet, après quatre années de travaux et des mois d’attente à cause des signatures manquantes des représentants de la commune (et de blagues désespérées des internautes disant que Notre Dame de Paris serait certainement retapée et opérationnelle avant le pont), les Casablancais étaient heureux ce vendredi de pouvoir enfin emprunter ce nouveau chemin … dont un rond-point complètement inutile amoindrit l’utilité. Mais bon, sans l’imperfection rien ne serait drôle au Maroc ! N’est-ce pas, chers lecteurs ?

Allez, je vous laisse ! À la semaine prochaine !

Majda EL KRAMI 

 

 




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