Le bras de fer s’intensifie entre les professionnels de la distribution de gaz liquéfié et les autorités. L’Association professionnelle des distributeurs de gaz liquéfié en gros au Maroc a décidé de suspendre ses activités durant 48 heures, les 21 et 22 avril, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « mépris » face à ses revendications.
À l’origine de cette mobilisation, une situation économique devenue critique. Selon le président de l’association, Mohamed Benjelloun, les distributeurs font face à une hausse continue des coûts d’exploitation, notamment en matière de salaires, de transport, d’entretien des camions et d’équipements. Pourtant, la marge bénéficiaire, elle, reste inchangée depuis 2016, accentuant le déséquilibre financier du secteur rapporte Yabiladi.
À ces difficultés structurelles s’ajoutent des facteurs conjoncturels. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont contribué à la flambée des prix du gaz, aggravant encore davantage la situation des professionnels. Ces derniers alertent désormais sur un risque réel pour la continuité de l’approvisionnement du marché national.
Malgré l’envoi de plus de 20 correspondances aux autorités compétentes dont le ministère de l’Énergie et des Mines, le ministère de l’Intérieur et la présidence du gouvernement, les distributeurs affirment n’avoir reçu que des promesses sans suite concrète. Une absence de réponse qui a fini par précipiter leur décision.
Si la suspension est annoncée pour une durée de 48 heures, elle pourrait être prolongée en cas de statu quo. Les professionnels assurent toutefois maintenir un minimum d’approvisionnement, les entrepôts restant ouverts selon les capacités disponibles.


