Le baccalauréat marocain entre dans une nouvelle phase de surveillance. Après plusieurs années marquées par la multiplication des méthodes de triche via les outils numériques, le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a décidé de généraliser un système électronique de détection dans l’ensemble des centres d’examen du Royaume à partir de la session 2026.
À travers cette mesure, le département dirigé par Mohammed Saad Berrada veut renforcer la crédibilité des examens nationaux et limiter le recours aux équipements technologiques utilisés pour contourner les règles des épreuves.
Dans une récente note technique, le ministère précise que ce dispositif viendra appuyer les opérations de contrôle durant les examens du baccalauréat. L’objectif affiché est clair : adapter les mécanismes de surveillance à l’évolution des pratiques de fraude, devenues plus sophistiquées avec l’essor des nouvelles technologies.
Une généralisation après une phase test
Le système n’arrive pas sans préparation. Une première phase d’expérimentation a déjà été menée lors de la session 2025 dans plusieurs centres pilotes. Les résultats obtenus ont poussé les autorités éducatives à accélérer la généralisation du dispositif à l’échelle nationale.
Pour cette nouvelle étape, chaque centre d’examen sera équipé d’un appareil électronique de détection destiné à identifier les équipements de communication ou les dispositifs utilisés frauduleusement par certains candidats.
Le ministère prévoit également un accompagnement technique complet. L’entreprise chargée du marché devra assurer la livraison du matériel aux académies régionales, garantir la maintenance des équipements et intervenir en cas de dysfonctionnement avant et pendant les examens.
Les académies régionales seront ensuite responsables du stockage et de la sécurisation du matériel, selon un protocole fixé par l’administration centrale.
Des équipes mobilisées dans chaque centre
Au-delà du volet technologique, le ministère mise aussi sur un encadrement humain renforcé. Des coordinateurs régionaux et provinciaux seront chargés du suivi administratif et technique du dispositif sur le terrain.
Dans chaque centre d’examen, une cellule locale composée de deux agents supervisera les opérations de contrôle à travers une application mobile spécialement dédiée au système.
Des sessions de formation seront organisées durant le mois de mai 2026 afin d’harmoniser les procédures et d’assurer une utilisation efficace des nouveaux outils par les équipes concernées.
Parallèlement, une campagne nationale de sensibilisation sera déployée auprès des candidats, des surveillants et des responsables des centres. Le ministère entend expliquer le fonctionnement du dispositif et rappeler les sanctions liées à la fraude.
Cette réforme intervient alors qu’environ 520.000 candidats devraient passer les épreuves du baccalauréat en 2026. Un chiffre qui confirme l’ampleur logistique de l’opération et les défis liés à la sécurisation des examens à l’échelle nationale.
À travers ce virage technologique, les autorités éducatives cherchent surtout à restaurer la confiance autour du baccalauréat marocain, dans un contexte où la fraude numérique est devenue l’un des principaux défis du système d’évaluation.


