Face aux inquiétudes suscitées par l’apparition de plusieurs cas d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, les autorités sanitaires marocaines tentent d’éteindre toute psychose. Lundi, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a assuré que la situation ne représente, à ce stade, qu’un risque « très faible » pour le Maroc.
Depuis Rabat, Mouad Merabet, coordinateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, a tenu à rassurer sur l’évolution du dossier. Selon lui, le risque sanitaire lié au cluster détecté sur le navire demeure limité aussi bien à l’échelle mondiale qu’au niveau national.
Cette sortie intervient alors que le MV Hondius reste au centre d’une surveillance internationale renforcée après la détection de plusieurs cas liés à la souche Andes de l’hantavirus, une variante rare capable, dans certaines circonstances, de se transmettre entre humains.
Le Maroc avait refusé l’escale d’un avion sanitaire
L’affaire avait pris une dimension particulière la semaine dernière après le refus des autorités marocaines d’autoriser l’atterrissage d’un avion d’évacuation sanitaire à l’aéroport de Marrakech.
L’appareil, en provenance du Cap-Vert et à destination des Pays-Bas, transportait deux patients suspectés d’être infectés par le virus. Selon plusieurs médias espagnols, l’équipage avait demandé une escale technique d’urgence après une panne du système d’isolement médical utilisé à bord.
Face aux risques sanitaires potentiels, le Maroc n’avait finalement pas donné son feu vert. L’avion avait alors été dérouté vers Gran Canaria, aux îles Canaries, où les autorités espagnoles avaient pris en charge l’opération sous protocole strict.
Cet épisode a placé le Royaume au cœur des discussions internationales autour du dispositif de gestion sanitaire mis en place face à cette épidémie inhabituelle.
Une surveillance mondiale renforcée
Pendant ce temps, les opérations d’évacuation des passagers du MV Hondius se poursuivent sous haute surveillance. Parmi les 94 croisiéristes et membres d’équipage déjà débarqués dimanche, un Américain et une Française ont été testés positifs au hantavirus.
Les derniers occupants du navire devaient quitter le bateau lundi en direction des Pays-Bas, tandis que plusieurs pays ont déclenché des protocoles de suivi sanitaire renforcé.
L’Organisation mondiale de la santé considère désormais l’ensemble des passagers comme des « contacts à haut risque ». L’OMS recommande une période de surveillance pouvant atteindre 42 jours, correspondant à la durée maximale d’incubation connue pour la souche Andes.
Le bilan humain continue également de s’alourdir. Trois personnes ayant voyagé à bord du navire sont décédées ces derniers jours. Deux infections ont été officiellement confirmées par l’OMS, tandis qu’un troisième décès reste classé comme cas probable. Six autres contaminations confirmées ont été signalées.
Une souche rare sous haute surveillance
Contrairement aux formes classiques du hantavirus, généralement transmises par des rongeurs infectés via leur urine, leur salive ou leurs excréments, la souche Andes inquiète particulièrement les autorités sanitaires.
Cette variante, observée principalement en Amérique du Sud, fait partie des rares hantavirus pouvant se transmettre d’une personne à une autre lors de contacts étroits et prolongés.
Malgré cette particularité, les autorités sanitaires internationales insistent sur un point : le niveau de contagiosité reste très éloigné de celui observé lors de pandémies comme le Covid-19.
Au Maroc, les autorités continuent de suivre le dossier avec prudence, tout en maintenant un discours de vigilance maîtrisée. Une manière d’éviter l’alarmisme dans un contexte où chaque incident sanitaire international continue de raviver les réflexes hérités des dernières grandes crises mondiales.


