Le verdict est tombé dans la nuit de mardi à mercredi à Béni Mellal. Le tribunal de première instance a condamné à cinq ans de prison chacun des quatre hommes poursuivis dans l’affaire du viol de Hayat, une jeune femme de 24 ans atteinte de troubles mentaux et originaire du village de Bouidmouma, dans la commune d’Aghbala.
Les accusés, poursuivis en état de liberté pour viol sur une personne vulnérable présentant des facultés mentales altérées, ont toujours nié les faits. Une ligne de défense qui a provoqué l’indignation des proches de la victime, d’autant que les mis en cause vivent dans le même village que Hayat.
L’avocat de la jeune femme, Me Ahmed Qassid, a annoncé avoir interjeté appel dès le prononcé du jugement. Pour la défense, la peine prononcée reste largement en dessous de la gravité des faits reprochés. Même réaction du côté de la famille, qui estime que cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire et met en lumière la vulnérabilité sociale et humaine dans laquelle vit la victime.
L’affaire avait éclaté en décembre dernier lorsque les proches de Hayat ont découvert qu’elle était enceinte de cinq mois. Selon les témoignages recueillis auprès de sa famille, la jeune femme, dont les capacités mentales sont fortement réduites, avait fini par révéler avoir été agressée sexuellement par quatre hommes.
En janvier, Hayat a donné naissance à un enfant issu de ce viol. Depuis, c’est sa mère qui prend en charge le nourrisson dans des conditions particulièrement difficiles. La famille vit dans une maison en pisé, sans accès aux équipements de base, dans une situation de grande précarité.
Ce dossier a également ravivé un précédent traumatisme. Selon les proches de la victime, Hayat aurait déjà subi une agression sexuelle en 2018. À l’époque, par peur et sous pression, elle avait désigné un faux suspect. Les tests ADN avaient ensuite innocenté l’homme mis en cause et l’enquête avait été classée sans suite.
Aujourd’hui encore, la famille réclame justice et redoute que cette nouvelle affaire ne se referme sans réponse à la hauteur des souffrances subies par la jeune femme.


