Macron au Maroc, une rupture avec ses prédécesseurs qui ont choisi l'Algérie [Vidéos]

Macron au Maroc, une rupture avec ses prédécesseurs qui ont choisi l'Algérie [Vidéos]
Source : LesInfos.ma
15/06/2017 14:05

La visite d'amitié et de travail au Maroc du chef d'Etat français, Emmanuel Macron, ces 14 et 15 juin, ont été largement commenté par la presse locale ainsi que les médias étrangers. Certains ont à cet effet souligné son choix d'opter pour le royaume, pour son premier déplacement au Maghreb, contrairement à ses prédécesseurs qui ont choisi l'Algérie.  

Un accueil royal pour une visite « d'amitié et de travail », sous le signe de la « générosité et de la chaleur humaine ». Les qualificatifs évoquant le premier déplacement du chef d’État français, Emmanuel Macron au Maroc, ces 14 et 15 juin, témoignent du climat qui règne entre les deux nations et de la volonté de préserver cette bonne entente ! D'aucuns ont d'ailleurs souligné les « égards personnels » réservés au couple présidentiel et ont insisté sur le faste et les honneurs accordés au cours de la cérémonie d'accueil.

La rupture dans la continuité

Si cette visite du récent locataire de l’Élysée et de son épouse au royaume et au souverain marocain, Mohammed VI, semble a priori banale et répond aux codes protocolaires et diplomatiques, elle revêt un caractère bien plus symbolique qu'elle n'y paraît. Elle incarne en effet une rupture ! Et pour cause, Emmanuel Macron, contrairement à ses prédécesseurs, a choisi le Maroc pour son premier déplacement au Maghreb. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont pour leur part opté pour le voisin algérien, afin d'honorer une relation diplomatique et une histoire complexe.

Selon Jean-Noël Ferrié, directeur de Sciences-Po Rabat, interrogé par le quotidien Slate, les deux voisins maghrébins désirent prendre « le dessus sur le plan diplomatique dans le cadre des relations qu'ils entretiennent avec Paris » et rappelle que la France occupe toujours une place considérable dans la géopolitique régionale.

Dans cette « course à la séduction », le royaume prend indiscutablement la pôle position. Bien plus dynamique sur la scène internationale que l'Algérie, le Maroc incarné par un souverain à l'image moderne, gagne du terrain. Pierre Vermeren, professeur d’histoire du Maghreb à Paris-I, cité dans les colonnes du quotidien LeMonde, précise même que « le pouvoir algérien est aux abonnés absents ». La raison : la santé plus que fragile de son dirigeant, Abdelaziz Bouteflika. Et d'ajouter que « ce pays ne peut jouer le rôle qu’il voudrait alors que le roi du Maroc, malgré ses difficultés, se montre un acteur visible et engagé dans la région». 

D'importants partenaires

Les relations franco-marocaines représentent en effet un important levier dans « le dispositif diplomatique français » et particulièrement sur le « plan sécuritaire et économique », comme le rappelle notamment nos confrères de Slate. Acteur chevronné de la lutte contre le terrorisme à l'échelle régionale, le Maroc a multiplié les collaborations sur le terrain du renseignement et de la sécurité avec l'allié français. Sur le champ économique, les partenariats entre les deux nations sont florissants. Aucun doute, le Maroc est un acteur à traiter avec soins. Le président français semble l'avoir bien saisi. Lors d'une conférence de presse accordée mercredi 14 juin au soir, le chef d’État a en effet souligné qu'il ne porterait aucun jugement sur des questions de politiques intérieures (faisant référence au mouvement contestataire qui agite la région du Rif), tandis que son entourage, cité par le Courrier international, indique pour sa part que « la France n’a pas vocation à s’ingérer dans cette relation si sensible qui existe entre l’Algérie et le Maroc ».

Emmanuel Macron a en revanche, insisté sur les relations futures entre le royaume et l'Hexagone et particulièrement à l'échelle africaine. « Les deux pays sont animés par la même volonté de développement et de croissance du continent », déclare le président français au cours de la conférence de presse. Il affirme également la « volonté de la France de développer un nouveau partenariat tripartite entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique », et estime que « les deux pays doivent conjuguer leurs politiques africaines et travailler ensemble davantage de manière partenariale », relaye la MAP.

Lire aussi : Macron se réjouit du rôle «croissant » joué par le Maroc en Afrique

Si la balance semble pencher en faveur du Maroc, les Affaires étrangères françaises ont pris un soin considérable à ménager les susceptibilités du voisin algérien. Macron a en effet dépêché son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 13 juin, à Alger. Un numéro d'équilibriste version « En Marche ».

Une question de style

Pour le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron est tout simplement d’une autre génération. Il « n’a pas connu la guerre d’Algérie ni les combats de la décolonisation. Avec le Maroc, en revanche, il sait qu’il y a là une coopération incessante et sans failles contre le terrorisme, quels que soient les désagréments qui ont ponctué la relation ces dernières années. Le Maroc possède les meilleures informations sur les djihadistes du Sahel et sur les filières islamistes qui partent du Maghreb vers l’Europe ». Et d'ajouter qu'« avec l’Algérie, les choses sont plus opaques, parfois même plus sournoises».

Un autre élément semble également contribuer au rapprochement entre le Maroc de Mohammed VI et la France d'Emmanuel Macron. Ce dernier, âgé de 39 ans, semble être séduit par ce souverain qui cultive une image de jeunesse - du haut de ses 53 ans - et de modernité. Le « roi des selfies », régulièrement intercepté par les citoyens marocains, se prête volontiers au jeu des photos et partage des moments en toute simplicité avec les Marocains. Il entretient également une « cool attitude » en arborant des tenues décontractées, bariolées, largement reprises et commentées sur les réseaux sociaux. Une cote dont ne peut se targuer l'homologue algérien au 80 printemps et à la santé chancelante...





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