Avortement : Juristes, médecins et religieux en plein débat

Avortement : Juristes, médecins et religieux en plein débat
Source : lesinfos.ma
09/04/2018 16:00

Ce samedi à Tanger nombre de juristes, de médecins et de religieux ont débattu sur la question de l’avortement. Un débat où le « niet » des religieux a été le plus fort.

C’est lors de la conférence-débat « L’avortement entre la religion, la médecine et la loi » tenue à Tanger samedi dernier, que les langues se sont fortement déliées. Ainsi, le professeur Chafik Chraïbi, président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC), a insisté sur l’importance de cette rencontre qui traite d’un sujet délicat, l’avortement, tant d’un point de vue médico-scientifique, que religieux et juridique.

 

Entre religion, prévention et crime, l’avortement passionne

Dans l’absolu la solution serait, selon le président de l’AMLAC, de « renforcer la prévention, promouvoir l'éducation sexuelle et les méthodes de contraception efficaces et la contraception d'urgence (pilule du lendemain, ndlr), et à accélérer l'adoption par le parlement du projet de loi qui élargit les cas autorisés pour un avortement légal au viol, inceste, malformations fœtales et aux handicapées mentales, alors que la loi actuelle ne l’autorise que si la vie ou la santé de la femme sont mises en jeu ».
De son côté, Abdellatif Hadouch, le vice-président du Conseil local des oulémas de la préfecture de Tanger-Assilah, a assuré que « l'avortement est un acte banni dans l'islam » et estimé que le débat doit être plutôt penché vers les causes de ce problème de société, appelant à engager un dialogue élargi et objectif en vue de parvenir à trouver des solutions dans le respect des constantes religieuses et les préceptes de la charia.
Le membre du Conseil régional du Club des magistrats au Maroc, le juge Oussama Nali, a affirmé à son tour que l'avortement est un acte interdit par la loi, citant les cas autorisés par le projet de loi pour la légalisation de ce dernier, ainsi que les limites de la protection en termes des dispositions juridiques en vigueur.
Le président de la Section de jugement de la famille à Tanger, le juge Mohammed Zerda, a quant à lui plaidé pour l'adoption d'une approche globale et complémentaire en vue de préserver la cohésion sociale et familiale au sein de la société marocaine et de déboucher sur des solutions efficaces aux causes derrière l'avortement qu’il qualifie de « crime ».

L’avortement, une loi « fantôme »

 

Adoptée il y a deux ans par le conseil du gouvernement, après l’intervention du Roi du Maroc, la loi légalisant l’avortement - dans certains cas - peine à passer définitivement. Alors même que les instructions royales ont été données, les législateurs ne semblent pas pressés pour trancher dans le vif. Il est à rappeler qu’au Maroc, on enregistre entre 50.000 et 80.000 cas d’avortement annuellement. L’avortement non sécurisé est responsable d’environ 4,2% des cas de décès maternels et de 5,5 % de décès suite aux complications directes post-accouchement. Sans oublier les conséquences de ces grossesses notamment en termes d’abandon d’enfants, de suicides, de crimes d’honneur (…).
Entre temps les législateurs se tournent les pouces malgré les appels du pied d’acteurs associatifs qui tirent la sonnette d’alarme à chacune de leurs sorties médiatiques pour rappeler la dangerosité de ce qui est, depuis plusieurs décennies, un fléau au Maroc.

 

(Avec MAP)

 

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