Affaire Taoufik Bouachrine : Le verdict pourrait être rendu ce vendredi !

Affaire Taoufik Bouachrine : Le verdict pourrait être rendu ce vendredi !
Source : LesInfos.ma
08/11/2018 15:00

Le procès de Taoufik Bouachrine entame sa dernière ligne droite. Jugé entre autres pour violences sexuelles, le patron d’Akhbar Al-Yaoum sera probablement fixé sur son sort ce vendredi, soit plus de huit mois après son incarcération. Afaf Bernanni, l’une des « victimes », a écopé quant à elle de six mois de prison ferme.  

Le procès de Taoufik Bouachrine, le directeur du journal arabophone Akhbar Al-Yaoum, est entré dans sa dernière phase, et le verdict pourrait intervenir à la fin de cette semaine, comme l’ont précisé ses avocats aux médias. Arrêté le 23 février et incarcéré depuis, le directeur du quotidien indépendant est jugé à huis clos depuis plusieurs mois pour « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles », « viol et tentative de viol » par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca. Afaf Bernani – l’une des « victimes » qui a accusé un officier de la BNPJ de falsification de sa déposition – a écopé de six mois de prison ferme.

Fin des plaidoiries et verdict imminent

Les plaidoiries ont pris fin dans la nuit de lundi à mardi, ont indiqué les avocats de Taoufik Bouachrine, précisant que leur client risque jusqu’à 20 ans de prison.
L’accusation repose notamment sur deux plaintes, trois témoignages à charge et surtout 50 vidéos saisies dans le bureau du journaliste lors de son arrestation. Mais ces vidéos sont très problématiques puisqu’elles soulèvent plusieurs questions dans le clan du journaliste. Si les avocats des plaignantes ont parlé « d’images montrant des pratiques abjectes », du côté de la défense de Taoufik Bouachrine,  les enregistrements ne seraient en réalité que des « montages ». Des accusations qui ont poussé le parquet et les parties civiles à demander une expertise technique. Ainsi, l’analyse du laboratoire scientifique de la gendarmerie royale a confirmé l’authenticité des images mais, d’après la défense, elles « ne montrent jamais que l’homme filmé est bien Taoufik Bouachrine ».
Lors des dernières plaidoiries, la défense de Taoufik Bouachrine a plaidé l’acquittement, a déclaré mardi à l’AFP Maître Abdelmoula El Marouri, l’un des avocats du journaliste.
La partie civile avait auparavant « démontré le préjudice subi pour les victimes présumées », a expliqué de son côté Maître Zahrach Abdelfattah, l’avocat des plaignantes.
Le procès qui mobilise l’attention des médias, du fait de la personnalité de l’accusé et de la gravité des accusations portées contre lui, a débuté le 8 mars. Depuis, l’affaire a connu plusieurs rebondissements. Ainsi, quatre femmes listées comme « victimes » par l’accusation ont démenti être concernées par cette affaire et l’une d’elles, Afaf Bernani, a été condamnée à six mois de prison pour avoir accusé la police d’avoir falsifié son procès verbal.

Falsification vs diffamation

Ce mercredi, la Cour d’appel de Casablanca a condamné Afaf Bernani, employée du groupe de presse Akhbar Al Yaoum, à une peine de 6 mois de prison ferme assortie d’une amende de 1.000 dirhams pour diffamation et dénonciation « d’une infraction qu’elle sait ne pas avoir existé », suite à une plainte déposée par un officier de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). « Afaf Bernani a usé d’une procédure que la loi prévoit. Entamer une procédure en faux contre un PV de police est un droit reconnu par la loi à toute personne », a déclaré l’avocat de la journaliste à nos confrères du HuffPost qui estime que les poursuites contre sa cliente « n’auraient jamais dû être engagées ». Afaf Bernani avait porté plainte contre l’officier qui l’avait auditionnée dans l’affaire de Taoufik Bouachrine pour falsification de son procès verbal. L’officier qu’elle accusait a saisi, de son côté, le parquet de Casablanca pour porter plainte contre elle pour diffamation.
« On va se pourvoir en cassation dès aujourd’hui », a annoncé son avocat à nos confrères, précisant que, pour l’instant, sa cliente ne risque rien. « En cas de cassation, l’exécution du verdict est suspendue jusqu’à ce que le verdict tombe », indique-t-il, craignant que cette nouvelle procédure se déroule « aussi vite » que celle l’ayant précédée. « Et si la Cour de cassation n’apporte rien de nouveau, on fera appel à la grâce royale. On épuisera tous les moyens de recours et d’annulation de cette décision », prévient-il.




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