L'Arabie saoudite lève des milliards malgré l'affaire Khashoggi

L'Arabie saoudite lève des milliards malgré l'affaire Khashoggi
Source : France24
10/01/2019 14:00

Riyad a levé 7,5 milliards de dollars sur les marchés trois mois seulement le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, qui a choqué le monde entier. C’était une opération test pour un pays qui attend beaucoup des investisseurs étrangers en 2019.

Riyad peut se rassurer. Malgré l’émoi international suscité par le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre 2018, les investisseurs ont répondu présent. La première levée de fonds saoudienne après l'affaire a été un succès sur les marchés internationaux, mercredi 9 janvier. Le royaume a atteint sans mal son objectif de vendre pour 7,5 milliards de dollars de bons du Trésor saoudien.

La pétromonarchie a reçu des offres d’un total de 27 milliards de dollars pour son émission de dette, dépassant largement ce que le pays cherchait à obtenir. Plusieurs banques occidentales de premier plan - BNP Paribas, HSBC, JPMorgan et Citigroup - ont participé à l'organisation de cette opération financière.

 

Des milieux d’affaires fidèles

Le succès de cette levée de fonds indique que "l’attrait pour des bons rendements a eu raison des cas de conscience des banquiers", a indiqué un financier au Wall Street Journal.  Le taux d’intérêt des titres saoudiens sont, en effet, sensiblement plus élevés que ceux de leurs équivalents nord-américains. Mais, souligne le Financial Times, ils sont similaires à ceux pratiqués par Riyad par le passé, indiquant que le pays n’a pas fait d’effort particulier pour séduire les investisseurs et leur faire oublier l’affaire Khashoggi.

L’émoi des milieux financiers semble donc avoir fait long feu. En réalité, rares sont les sociétés occidentales qui ont coupé les ponts avec l’Arabie saoudite malgré la mise en cause directe par la CIA du prince héritier Mohamed Ben Salmane dans le meurtre de Jamal Khashoggi, note le Wall Street Journal. "Des cadres au sein d’HSBC ont condamné en privé le pouvoir saoudien, mais ils ont rappelé que la banque était aussi active dans d’autres pays où les droits de l’Homme étaient bafoués", écrit le quotidien économique américain.

Après avoir snobé le "Davos du désert" saoudien en octobre dernier, le PDG d’HSBC John Flint avait reconnu que sa banque ne pouvait pas se permettre d’aller plus loin dans la condamnation de Riyad. Il a expliqué avoir une obligation envers ses clients et ses employés de continuer à entretenir de bonnes relations avec l’Arabie saoudite, qui reste la première puissance pétrolière du monde.

La levée de fonds saoudienne était un test important pour Riyad. La monarchie wahhabite compte beaucoup sur les marchés internationaux en 2019 : c’est une année décisive pour son géant du pétrole, Saudi Aramco. Il va, pour la première fois en quarante ans, chercher à lever des fonds auprès d’investisseurs étrangers afin de financer le rachat du géant saoudien de la chimie Sabic. Une opération très attendue par les observateurs car le mastodonte de l’économie saoudienne sera alors obligé de rendre ses comptes publics pour la première fois depuis sa nationalisation dans les années 1970...




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