J'ai suivi une formation à la désobéissance civile

J'ai suivi une formation à la désobéissance civile
Source : Vice.com
05/02/2019 09:00

« Mais même si vous êtes ceinture noire de judo, n’essayez pas d’affronter la police : ils ont des matraques. »

Un samedi gris de fin janvier, une cinquantaine d’apprentis activistes se réunissaient dans un local du 13ème arrondissement de Paris sur invitation des Désobéissants pour apprendre les bases de la désobéissance civile. Lancé il y a 12 ans par des anciens de Greenpeace, ce collectif spécialisé dans « l’action directe non violente » aurait formé plus de 3 000 personnes. Du côté des participants, une foule d’apparence plutôt banale allant de 20 à 60 ans, mais une même commune envie de « changer le monde » malgré des degrés de radicalité variés.

Dans une ambiance joyeuse, on parle de Romainville, on fustige EuropaCity et on balance des vannes sur BMFTV, le tout encadré par le formateur Rémi Filliau, fort de nombreuses années de militantisme (et d’une cinquantaine de visites au commissariat). En attendant la prochaine formation, le 16 février, j'ai noté quelques exercices et conseils qui peuvent m'être utiles.

Se positionner philosophiquement

À l’aide de pancartes au sol, la pièce est transformée en une matrice à deux axes : sur un axe, « participe » ou « ne participe pas » ; sur l’autre « cette action me semble violente » ou au contraire « non violente ». Interrogés sur différentes actions impliquant le fauchage d’un champ d’OGM, les participants doivent se positionner dans l’espace et justifier leur point de vue.

« Moi par exemple, voir quelqu’un taper un policier pendant les manifs des "gilets jaunes", je ne trouve pas ça particulièrement violent »

Loin d’être une marque déposée, l’action directe non violente respecte plusieurs principes dont celui, comme l’indique son nom, d’être non violente. Mais là où les choses se corsent, c’est que « la violence est une notion tout à fait subjective », comme le démontre l’un des organisateurs : « Moi par exemple, voir quelqu’un taper un policier pendant les manifs des Gilets Jaunes, je ne trouve pas ça particulièrement violent ». Par contre, pour Rémi Filliau, une chose semble certaine : l’une des caractéristiques de la désobéissance civile est d’agir à visage découvert, assurant ainsi une répression plus faible et davantage de soutiens parmi la population.

Préparer l’action

Pendant 30 minutes, les participants doivent imaginer le blocage du siège d’Auchan en réponse à la construction d’EuropaCity, afin de se familiariser avec la méthodologie propre à la construction d’une action.

Construire une action est rarement facile, et il peut être utile de respecter une certaine méthodologie : d’abord, définir ses objectifs à court et à long terme, puis identifier ses alliés « naturels » ou « objectifs » (soit les ennemis de ses ennemis) et surtout ses adversaires, qu’ils soient « principaux » (ici, Auchan) ou « secondaires » (la préfecture) : « Il est parfois plus facile de créer un rapport de force avec des adversaires secondaires », explique Rémi Filliau...

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