Au Brésil, une série noire de tragédies "évitables"

Au Brésil, une série noire de tragédies
Source : Sciencesetavenir.fr
12/02/2019 13:06

Rupture d'un barrage minier, glissement de terrain, incendie d'un centre d'entraînement de football: le Brésil a vécu en 15 jours trois catastrophes ayant fait des centaines de morts, emblématiques de ces drames qui auraient pu être évités.

D'autres tragédies similaires, dues à des négligences et dont les responsables restent impunis, ont eu lieu ces dix dernières années au Brésil, qui a montré une incapacité à en tirer les leçons.

Vendredi, la procureure-générale Raquel Dodge déplorait "une succession de catastrophes évitables". "Il faut que les organismes de contrôle et de sanction fonctionnent réellement au Brésil", a-t-elle lancé.

Pour Moacyr Duarte, analyste de risques, ces drames ont eu lieu à cause "de négligences, d'un manque de planification et surtout de l'impunité des responsables".

"Tant que les vrais responsables ne seront pas punis de façon exemplaire, ces tragédies vont se répéter", insiste-t-il auprès de l'AFP.

 

Pour Marcelo Ramos Martins, coordinateur du laboratoire d'analyse des risques de l'Université de Sao Paulo (Labrisco), le Brésil dispose pourtant "de toutes les compétences techniques nécessaires" pour assurer la prévention contre tout type de désastre.

Des secouristes recherchent des victimes après un glissement de terrain près de Teresopolis au Brésile le 12 janvier 2011 (AFP/Archives - VANDERLEI ALMEIDA)

"Le fait que tant de tragédies similaires aient lieu en un laps de temps si court montre que les mesures de prévention ne sont pas appliquées" et qu"il n'y a pas "de dispositif de contrôle efficace", conclut-il.

L'insuffisance des fonds dont disposent les diverses agences étatiques de contrôle explique aussi en partie la situation.

- Ruptures de barrages miniers

Dans l'Etat de Minas Gerais (sud-est), l'histoire s'est tragiquement répétée à un peu plus de trois ans d'intervalle.

Lors de sa prise de fonctions en mai 2017, le PDG de Vale, Fabio Schvartsman, avait fait sien le slogan "Mariana, plus jamais", en référence à la rupture d'un barrage minier qui avait fait 19 morts et causé un désastre environnemental sans précédent en novembre 2015.

Mais le 25 janvier dernier, un autre barrage de Vale a cédé à 120 km de là, à Brumadinho, avec un bilan humain provisoire bien plus lourd: 165 morts et 160 disparus.

"Vale disposait de programmes de simulation informatique montrant précisément où la boue pourrait passer. Mais il a maintenu ses bâtiments administratifs en contrebas", déplore Moacyr Duarte. C'est là où de nombreux employés ont péri.

"Seuls les dirigeants de Vale auraient pu empêcher la tragédie de Brumadinho, en investissant dans la prévention plutôt que de distribuer des dividendes à leurs actionnaires", poursuit le consultant.

Incendie au Museu da Lingua à Sao Paulo au Brésil le 21 décembre 2015 (AFP/Archives - Miguel Schincariol)

"Mais au lieu de s'en prendre aux vrais responsables, les autorités ont fait arrêter les ingénieurs qui avaient délivré le certificat de stabilité du barrage (finalement relâchés une semaine plus tard)", dénonce-il...

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