Début janvier, les autorités du Bengale occidental ont confirmé cinq cas de virus Nipah, dont deux parmi le personnel hospitalier. Face à cette situation, près d’une centaine de personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées en isolement, et un suivi épidémiologique strict a été mis en place pour limiter la propagation.
À l’international, la Thaïlande a réagi rapidement en renforçant les contrôles sanitaires dans ses principaux aéroports — Suvarnabhumi, Don Mueang et Phuket. Des questionnaires de santé, la prise de température et des cartes d’information sanitaire ont été déployés pour tous les voyageurs en provenance d’Inde. Malgré ces mesures, aucun cas de Nipah n’a été détecté sur le territoire thaïlandais à ce jour.
Le virus Nipah est un pathogène zoonotique découvert en 1998 en Malaisie. Il est hébergé par les chauves-souris frugivores du genre Pteropus, qui ne développent pas de symptômes mais peuvent transmettre le virus à l’homme ou à d’autres animaux comme les porcs. La transmission interhumaine reste possible mais nécessite un contact rapproché et prolongé, principalement lors de soins médicaux.
Historiquement, la première épidémie massive a eu lieu en 1998-1999 en Malaisie, touchant 265 personnes avec un taux de mortalité d’environ 40 %. Depuis, plusieurs flambées sont survenues au Bangladesh et en Inde, avec des taux de mortalité parfois supérieurs à 70 %. Ces épisodes ont permis de mieux comprendre les modes de transmission, notamment l’implication du jus de palmier dattier frais contaminé par les chauves-souris.
Les symptômes du virus apparaissent généralement après 4 à 14 jours d’incubation et incluent fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, toux et fatigue. Les cas graves peuvent évoluer rapidement vers des difficultés respiratoires, une encéphalite aiguë, des convulsions, voire le coma. Le taux de mortalité est élevé, mais la propagation du virus reste limitée aux contacts directs.
À ce jour, aucun traitement spécifique ou vaccin n’est disponible. La prise en charge repose sur des mesures de soutien médical en soins intensifs, comme l’assistance respiratoire et la gestion des complications. Plusieurs antiviraux sont en phase expérimentale, mais aucun n’est encore validé pour un usage humain.
Malgré la mobilisation internationale et les mesures préventives, les experts insistent sur le fait que le Nipah ne se transmet pas aussi facilement que le Covid-19. Les foyers restent généralement localisés, les chaînes de transmission sont identifiables rapidement, et les cas dépassant quelques dizaines sont extrêmement rares.
En conclusion, si la vigilance reste indispensable, notamment pour le personnel de santé et les voyageurs, il n’y a pas, pour l’instant, de risque d’épidémie mondiale. Les autorités continuent d’assurer un suivi étroit et rappellent que le Nipah reste une menace grave mais localisée.


