Le flux ne faiblit pas. Avec plus de 300.000 visas délivrés en une année, le Maroc figure parmi les premiers pays demandeurs vers la France. Études, tourisme, affaires, regroupement familial : la diversité des profils reflète l’intensité des liens entre les deux pays. Elle impose aussi une adaptation continue de l’appareil consulaire, sommé de gagner en efficacité sans desserrer le cadre.
Ces dernières années, l’effort s’est concentré sur l’accès et la fluidité. Le réseau de centres de dépôt a été étendu et modernisé, offrant une meilleure couverture territoriale, y compris dans les régions du Sud. Résultat : des délais d’instruction souvent inférieurs à deux semaines et un taux d’acceptation proche de 90 %. Une performance obtenue par l’optimisation des procédures plus que par l’augmentation des moyens.
Le principal point de tension reste l’accès aux rendez-vous. Leur disponibilité alimente des pratiques d’intermédiation informelles, au détriment de l’égalité entre demandeurs. Pour y répondre, des ajustements techniques ont été engagés afin de bloquer les détournements et rétablir une prise de rendez-vous plus équitable. La coordination avec les autorités locales vise le même objectif : remettre le demandeur individuel au cœur du système.
La question des refus demeure sensible. Bien que minoritaires, ils sont souvent perçus comme insuffisamment explicites. L’administration rappelle pourtant que chaque dossier fait l’objet d’un examen individualisé, dans un cadre commun à l’espace Schengen. Les motifs sont juridiquement encadrés, les voies de recours clairement définies, et le contrôle juridictionnel confirme, dans la majorité des cas, la solidité des décisions rendues.
À l’horizon 2026, la gestion des créneaux s’annonce plus fine que jamais. Étudiants à l’approche de la rentrée, travailleurs saisonniers avant les campagnes agricoles, familles lors des pics de mobilité : la priorisation restera évolutive. Mais la marge est étroite. Après deux années de forte hausse, l’enjeu ne sera pas d’absorber davantage, mais d’arbitrer mieux.
L’intelligence artificielle, souvent invoquée, reste pour l’heure en retrait. Aucun automatisme dans la décision. Chaque dossier continue d’être instruit par un agent. La prudence domine, notamment sur la protection des données et les risques de biais, dans un cadre juridique européen strict.
En cas de contestation, les mécanismes de recours demeurent pleinement ouverts, du gracieux au contentieux. Une architecture qui rappelle une ligne rouge inchangée : la technologie peut assister, mais la décision, elle, reste humaine.


